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e département 91
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Publié en 1869, Vingt mille lieues sous les mers constitue le roman de référence de l’œuvre de Jules Verne, et en particulier des Voyages Extraordinaires. Fidèle à ses ambitions, l’auteur nous propose dans le cade de ce récit la découverte d’un monde alors totalement inconnu des hommes en cette deuxième moitié du 19° siècle : les mers et les fonds sous-marins. Car si ces derniers nous semblent aujourd’hui relativement familiers, c’est grâce à d’intrépides aventuriers des temps modernes et aux nouveaux moyens de communication que nous connaissons mieux maintenant cette univers étrange qui couvre quand même 70 % de notre planète… Or, il y a plus d’un siècle, rien de tout cela n’existait, et l’impénétrable mystère des fonds sous-marins se réduisait aux déclarations de marins hantés par la rencontre d’animaux fantastiques, aux proportions démesurés et capables de causer des dégâts d’une énorme ampleur aux pauvres embarcations qui se trouvaient sur leur chemin. D’où cette dimension fantastique des fonds sous-marins, ce que les cartographies marines des époques médiévales et modernes traduisent parfaitement avec leurs illustrations très suggestives.
La dimension fantastique du récit est renforcée par la présence de nombreuses références mythologiques et littéraires, ainsi que par le caractère énigmatique et mystérieux concernant les origines du capitaine Nemo et de son sous-marin. D’autre part, la place de l’homme dans ce nouvel environnement traduit la dialectique de la prison et de la liberté, elle même renforcée par la dialectique de l’espace et du temps qui caractérise la nature de cette expédition circum-maritime (à l’instar du Tour du monde en 80 jours qui est une expédition circumterrestre ; cf. notre analyse en bibliographie). Mais, le plus important dans ce roman et qui marque encore plus le génie de Jules Verne dans sa capacité d’extrapoler un principe, impensable pour l’époque, mais qui est une nécessité aujourd’hui : respecter l’environnement et procéder à un usage raisonné des ressources naturelles afin de protéger l’homme et ces dernières…
C’est à ce titre que notre analyse s’articule autour de cette dimension environnementale et écologique, notamment au travers d’un principe qui est celui de la comparaison ou plus précisément celui de la métaphore (du grec metaphora = transport). Car c’est une magnifique métaphore écologique que Jules Verne nous propose dans le récit de Vingt mille lieues sous les mers. Or, la transdisciplinarité prônée par l’écologie humaine, discipline (ou posture intellectuelle) dans laquelle s’inscrit notre série d’études sur les romans de Jules Verne, constitue l’approche la plus appropriée à l’étude de ce roman dont l’articulation repose déjà, pour l’époque, sur une vision du monde et de sa complexité qui n’est développée que depuis quelques décennies… D’ailleurs Jules Verne semble confirmer cet état de fait en déclarant à la fin de son roman : « C’est la narration fidèle de cette invraisemblable expédition sous un élément inaccessible à l’homme, et dont le progrès rendra les routes libres un jour. » (page 614).
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